/ En Musique / Le tango des gangsters
Avec 15 titres (+2 bonus) Valiumvalse signe son troisième album «Le tango des gangsters» avec la participation de plusieurs instrumentistes: violon, viole de gambe, cuivres, ondes Martenot et une choriste, pas moins de 15 musiciens nous font voyager au fil des notes et des mots encore plus subtils et concernés que dans leurs précédents opus.
L'esprit musical du groupe est conservé intact avec une palette sonore élargie, des ambiances mieux posées et plus abouties. Le bandonéon est le fil conducteur qui permet de s'évader dans des univers inconnus avec un garde fou au visage du tango et pour mission : la traque du gangster d'aujourd'hui «de la finance et des ministères»?
La qualité des arrangements, de l'enregistrement et du mixage, met en valeur deux années de travail minutieux. C'est dans les montagnes suisses que le groupe a posé ses instruments, au Greenwood studio de Glen Miller. Si vous entendez parler de l'album «Sticky Fingers» des Rolling Stone, c'est lui qui a masterisé l'album en 1971. Aujourd'hui il récidive avec le «Docteur» Alban Frueh, chirurgien du son, musicien à part entière dans l'Association de Malfaiteurs, qui a opéré les prises de son et le mixage du «tango des gangsters».
La cerise sur le gâteau, l'olive sur le loukoum, notre parrain: c'est Tomi Ungerer, l'alsacien le plus célèbre au monde, qui a signé l'illustration originale de la pochette. Ce dessin donne le ton tant pour le côté dansant ou l'horreur de la situation, que pour l'ironie des textes.
Musique: Valiumvalse
Textes: Stéphane Jordan
«Le cri du lion» avec Sébastien Jordan
«Montré du doigt» avec Philippe Gaechter
«Le vin de la jeunesse», Sébastien Jordan
Arrangements: Sébastien Troendlé
Enregistrement et mixage Greenwood Studio Nunningen: Alban Frueh
Sound Design: Laurent Fritsch (Lizards Sound)
Mastering: Glen Miller
Stéphane Jordan: chant / guitare
Sébastien Jordan: basse / chant
Philippe Gaechter: guitare / chant
Jacques Battais: percussion/ chant
Eduardo Simonato: batterie
Michel Ludwiczak: bandonéon
Sébastien Troendlé: claviers / chant
Caroline Stenger: violon
Julie Pierrejean: ondes Martenot
Nza: choeurs
Jean-Raymond Gelis: viole de gambe
René Mosele: trombone
Bernard Schoch: trompette
Dave Feusi: saxophones

Un titre résolument rock pour un sujet qui ne l'est pas moins. La rythmique endiablée du duo basse batterie nous plonge au milieu d'une poursuite en voiture d'un film de série noir. Vous avez dit Al Capone, Crapules d'hier? Ou nouveaux gangsters d'aujourd'hui, de la finance et des ministères? Les temps changent et les méthodes aussi. Les escrocs restent. Le bandonéon grince, la guitare saturée pleure, la voix devient étrange et soupçonneuse: personne n'est à l'abri. Si le diable existe il a l'odeur et la couleur de l'argent.
Hommage non dissimulé au roi des rois du Reggae: Bob Marley. Le premier des cinq reggae qui jalonnent l'album donne la recette: Une choriste jamaïquaine (Nza), des cuivres chauds comme le soleil, une basse à faire pâlir un rasta, un batteur et un clavier qui ont écumés, au sein du groupe «famara», les plus grandes scènes reggae d'Europe (au côté de Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondy ou israël vibration), et la magie opère. Nous avons pris notre place à bord du train pour Zion.
Le titre de cette chanson est celui du roman de John Fante: le vin de la jeunesse. Les cuivres clownesques nous ramènent au coeur de notre enfance, avec un peu plus de vin et de la musique qui viendrait de l'est. Son rythme nous rappelle inévitablement le cirque ou un film d'Emir Kusturica. Chat noir ou chat blanc? Même pas mal et même pas peur!
Ou fait moi un bébé en reggae. Un refrain où elle ne pense qu'à ça, plein de promesses en tous genre pour faire grimper la courbe de la natalité. Suivez la basse et les cuivres rutilants!
Elle m'avait promis une fille, il est né en plein été, un mois de juillet. C'est un garçon.
Est ce que vous entendez la basse? Un pur dub chanté en français. Comment ne pas songer à Serge Gainsbourg et ses thèmes de prédilection : l'amour, le sexe, l'homme, la femme, une équation éternellement irrésolue. X, Y, XX, XY, la vie à deux et la fuite du temps. Celui ou celle qui résoudra cette équation aura la clef d'un étrange destin.
Ou comment parler de la cité sans parler de la cité. Des banlieues que nous connaissons de plus ou moins loin, en long en large en travers, entre nous et le présentateur du journal de 13h ou de 20h.
Cette chanson est une bouteille à la mer. Le piano et la guitare font des boucles sinusoïdales. La viole de gambe, jouée par Jean-Raymond Gélis (musicien, compositeur, arrangeur -Renaud, Eric Fraj..- coacheur et ami), surfe sur la vague. Savez vous que nous sommes gouvernés par la télévision?
Une guitare transformée en oud et un violon qui joue tzigane pour un voyage en première classe dans un groove ascendant. Une conversation à bâtons rompue entre le bandonéon et le violon. Cette chanson est de tous les voyages et nous rappelle le temps où l'on jouait aux cow-boys et aux Indiens. Même que c'était pas toujours les cow-boys qui gagnaient. Aujourd'hui il est clair qu'on nous a « volé le far West ».
C'est grâce à la rencontre avec Christine Ott (qui a tourné et enregistré avec Yann Tiersen, Les têtes raides, Radiohead, les Syd Matters?) que nous pouvons entendre et jouir des sirènes des ondes Martenot, jouées par Julie Pierrejean son élève. L'arrangement de ce titre se construit autour de la rythmique, de la mélodie du bandonéon et d'un refrain qui aurait pu être marin s'il n'était empreint d'une aussi triste réalité: un euro par jour. Nouvelle prière médiatique. - Plus d'un milliard d'individus sur terre survivent avec moins d'un euro par jour, sans parler de l'accès à l'eau potable et d'un toit pour dormir. Dans quel monde vivons nous? est ce qu'un autre monde est possible? C'est une urgence.
No rock, no jazz, no reggae, only noise! Mi rock mi festive, la vie dangereuse, tirée du «cabaret des grandes peurs» (cie Pandora) est une variation sur le thème: «on nous a volé le far west». Un clavier électronique nous rappelle l'hypnose de nos téléviseurs, tandis que les guitares distordues repartent à la conquête de cette vie dangereuse et pleine d'aventures, qu'on nous avait promises.
Comme c'était toujours le blues dans la banlieue de Mulhouse, nous le blues on l'a joué en reggae. Exit Eddy Mitchell et le Rio grande! Encore une chanson qui dit notre refus de marcher droit, de ne pas plier sous la propagande (médiatique) ou de courir après la première carotte (émission) venue.
Jouez piano, bandonéon, guitare, trombone... Place au ska et à la salsa. La consommation et sa recette du bonheur, c'est le ska endiablé qui nous pousse du bout de sa fourche. La salsa du démon nous habite, de Paris à Tokyo, de New York à New Delhi, nous battons les mêmes pavés, visitons les mêmes enseignes et léchons les mêmes vitrines. Si le monde est un grand village sommes-nous pour autant obligés de devenir des clones? Au piano: Sébastien Troendlé, pour vous servir.
Une ambiance nouvelle pour Valiumvalse. Une rythmique trip-hop guidée par un riff de guitare et un clavier Rhodes qui jazze sur un tapis volant. Un blues sombre dédié à nos pires gangsters et à leurs bras droit du ministère de l'immigration et du nettoyage. Toute migration est un acte volontaire et forcé. Un instinct de survie. Migrer n'est pas voyager. Migrer est une fuite, une marche en avant vers l'inconnu. Comme un bandonéon qui pleure son tango mélancolique.
Quand la musique et les musiciens se mettent au service du curieux et du bizarre, c'est le pétage de plomb généralisé. Une poule à poil dans un théâtre, une inversion saisonnière. Y'a de l'eau dans le gaz et du beau dans le jazz. Du Valiumvalse à la vie comme à la scène. Des silences qui en disent long, une issue pondue dans l'oeuf. La mer à la montagne et la montagne à la mer. Vous avez dit folie?! Laissez vous allez, ça va swinger!
Entre tango moderne et vieux rock, est le groove. Le violon est joué par Caroline Stenger, qui oscille entre musique tzigane et grands DJ du moment (David Vendetta, Bob sinclair), et son envolée mélodique est une véritable invitation au voyage. D'aéroports en aéroports, les voix sans cesse doublées finissent par n'en faire qu'une. La terre tourne, les avions volent, les bateaux mouillent les océans et cette chanson a un goût de dernier train qui passe, à coup de grosse caisse et de caisse claire à vapeur.
Qui êtes vous ? Nous voulons des renseignements? Pour le dernier reggae de l'album l'idée du nombre et de la noyade dans cet océan mondial, nous fait gueuler à l'instar du "prisonnier": - je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !!
Du reggae un peu de chez nous, qui aurait traversé l'océan. Un peu valium, un peu valse, un peu suisse, un peu flamand, un peu allemand, un peu manouche, un peu gitan, et beaucoup citoyens du monde! Nous ne sommes pas QUE des numéros.
Ah Yolande, vieille amie de toujours et enfin magnifiée. Clin d'oeil non dissimulé à la «Fernande» de Georges Brassens et à l'homo erectus. Entre Zouk et samba, le bandonéon est une véritable bombe de bals et la guitare sa partenaire. Une chanson à déguster «live» et sans modération. Si le gorille l'avait croisée il lui aurait réservé le même sort qu'au juge, la tirant par les cheveux et lui chantant: «Yolande, Yolande, tu ne t'appelles pas Fernande!?».
Jacques Battais au chant: suivez le guide, notre poète ès magicien vaudou. La guitare folk essaye de nous embarquer dans une histoire à la «Dylan» et le bandonéon souffle la mélodie. Peu importe, c'est la voix qui donne le ton. Une chanson météorite au milieu d'un univers plus ou moins tempéré. Nous ne pouvons que suivre l'homme boussole au milieu de ses tierces, ses quintes et ses silences... Un titre «bonus» qui clôture l'album, comme une porte ouverte sur les chansons à venir... Bon vent et longue folie.
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